Bibliographie

L’œuvre de Rulman Merswin demeure pratiquement inédite en français. De larges extraits ont été traduits et commentés par par Auguste Jundt dans ses Amis de Dieu au XIVe siècle (Paris, 1872) ainsi que dans un important article, paru dans les Annales de l’Est en 1890 : « Rulman Merswin et l’Ami de Dieu de l’Oberland, un problème de physiologie religieuse ». Malheureusement, Auguste Jundt s’y écarte des hypothèses qu’il avait adoptées trente ans plus tôt au sujet de l’Ami de Dieu de l’Oberland, tout en répondant aux critiques du Père Denifle dont les articles publiés sur le même thème, dans les années 1870, lui paraissent outrés. On notera aussi un long commentaire du Livre des neuf rochers par Charles Schmidt, mais qu’il attribue à Henri Suso au lieu de Rulman Merswin – dans son Essai sur les mystiques du quatorzième siècle, Paris, 1836. Il reste que son appréciation du Livre des neuf rochers garde toute sa pertinence : « Ce livre, bien que monotone par endroits, est singulièrement remarquable, et rappelle en plusieurs endroits, par l’ardente imagination qui y règne, les immortels poèmes de Dante ».

Bernard Gorceix a réalisé pour sa part une remarquable synthèse dans son ouvrage Amis de Dieu en Allemagne au siècle de Maître Eckhart, Albin-Michel, 1984. Bien qu’il s’interroge sur le crédit qu’il faille accorder à l’existence de l’Ami de Dieu de l’Oberland, et retienne finalement qu’« il est vraisemblable que l’Ami de Dieu est un personnage fictif », il n’en rend pas moins justice à Rulman Merswin des attaques dont il a été victime et lui confère sa véritable dimension : « Le dossier Rulman Merswin, écrira-t-il en conclusion, livre un des modèles spirituels les plus cohérents et les plus permanents de l’histoire de la spiritualité chrétienne et universelle. Ce modèle ne concerne pas seulement l’organisation du cheminement intime. Il inclut également une réponse associative : il ne dit pas seulement ce que nous devons croire, mais ce que, dans un siècle difficile, nous devons entreprendre ».

Henry Corbin cite abondamment dans les pages qu’il a consacrées à Rulman Merswin, au tome IV d’En Islam iranien, Gallimard, 1978, un « excellent petit livre » de Wilhelm Rath, Der Gottesfreund von Oberland, paru en 1930 (rééditions Stuttgart, 1955 et 1985) [édition anglaise : The Friend of God From The Hight Land, Hawthorn Press, 1991] : « On reconnaît à l’auteur, qui est anthroposophe, le mérite d’avoir perçu et sauvegardé la nature propre du fait spirituel, sans recourir aux hypothèses de la supercherie littéraire ou de la psychiatrie ». Même s’il y est question principalement de l’Ami de Dieu de l’Oberland, cet ouvrage demeure la meilleure introduction à Rulman Merswin, moins à son œuvre sans doute qu’à la relation singulière qu’il a entretenue avec son Guide spirituel. Quant à l’Ami de Dieu de l’Oberland lui-même, il en dessine un remarquable portrait spirituel, « à la frontière entre ce qui est public et caché, entre l’exotérique et l’ésotérique », selon l’expression de Marc Desaudes.

Le Livre du Maître (Meisterbuch) bénéficie d’une excellente traduction italienne, par Louise Gnädinger, Edizioni San Paolo, Milan, 1999.

Le Livre des sources de Gérard Pfister, enfin, est une approche littéraire et originale de la réalité historique des Amis de Dieu en Alsace (2013).

La collection des Carnets spirituels des éditions Arfuyen réunit des œuvres de Maître Eckhart, de Jean Tauler, de Jean de Ruysbroeck, etc.

La Bibliothèque nationale universitaire présente une importante collection numérisée consacrée à la mystique rhénane. Parmi les ouvrages consultables en ligne : le Mémorial de la Commanderie Saint-Jean de l’Ile verte, le Livre des neuf rochers de Rulman Merswin, les Sermons de Jean Tauler, etc.

L’ami de Dieu de l’Oberland,
Le Livre des cinq hommes
Rulman Merswin
Le Livre des neuf rochers
L’ami de Dieu de l’Oberland, Le Sage et l’ermite